24.04.2008
Sous la lumière de ma fenêtre...
[ Chaque fois que le train passe... ]

Bon ça ne va pas toutes ces histoires. Il fait beau, je vais bien mais je pourrie d'amour à l'intérieur. J'ai l'impression d'avoir 15 ans, c'est complètement stupide. J'ai l'impression de succomber à n'importe quel sourire, de changer de coeur à chaque fois qu'une fée arrive. Ca ne sert à rien de rêver si on ne peut ni toucher ni respirer. Ca ne sert à rien d'imaginer si on ne peut pas voir ni goûter. Ca ne va pas tout ça. C'est de la torture d'esprit inutile, c'est du déchet romantique, de la propagande d'illusions, faites à la main. Et je n'ai pas encore trouvé le moyen industriel de combattre ce gros bonbon rose qui me sert de coeur. Déjà si j'arrivais à enlever l'emballage, cet espèce de foutu truc en plastique qui ne fond jamais... déjà ce serait quelque chose ! Mais ça colle, ça reste sur les doigts, c'est un bonbon qui ne sèche jamais.
Je pourris de l'intérieur, je croule sous les sentiments d'une adolescente que je ne suis plus. Je suis les lèvres des jeunes filles en fleur, et je regarde partir leur ombre derrière un coin de rue. Je m'épuise à réapprendre des choses de l'amour et du rêve que j'ai dû oublier un jour.
"Les lampadaires nous regardent avec un air air genre "Contrôle d'identité, s'il vous plait. Veuillez sortir les étoiles de vos poches, de vos cheveux, de vos yeux. Tout ce qui brille, vous le déposez dans le sac en plastique : vos sourires, vos souvenirs, vous n'en aurez plus besoin là où vous allez maintenant"."
Un jour, j'écrirais un livre...
PS : Citation (en italique) : Maintenant qu'il fait tout le temps nuit sur toi, de Mathias MALZIEU, p.38.
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01.04.2008
La peau d'une fleur
Une petite vidéo que j'ai faite. Pour Coco et Nanas...
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23.03.2008
Totale impro toxico-poétique
[ "J'ai perdu le monde et je n'ai pas mal" ]
Il y aurait sûrement beaucoup de choses à dire sur elle. Peut-être même aurais-je pu lui crâcher dessus, après ce qu'elle m'a fait. Mais je ne sens plus rien. Je n'ai mal nulle part.
Il y aurait sûrement beaucoup de choses à dire sur moi. Peut-être même aurais-je pu partir, après ce que je lui ai fait. Mais le monde s'en fout, il n'a pas changé.
Il y aurait sûrement beaucoup de choses à dire sur nous. Peut-être même aurais-je pu mourir, après ce que nous avons fait. Mais vous ne comprendriez pas. Sûrement pas.
Le mieux est de se taire. Et d'attendre. De rester là, droite, penchée quand vient le vent, couchée quand le Soleil s'en va...

Pic : Michel VALDRIGHI (http://intraordinaire.com/)
Quote : Claire CASTILLON dans Vous parler d'elle
Playin' : Say So, Uh Huh Her
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Il s'efface en S.I.L.E.N.C.E.

Je frotte. Pas très longtemps, et pas trop fort. J'ai toujours peur qu'il y ait des bouts de peau qui s'en aillent. Et que lui s'efface avec. Alors je ne frotte pas, je caresse. Je le caresse. Sur les bras, sur les jambes, sur le ventre... Pour le visage c'est différent. Je ne le caresse pas, je lui offre des baisers. Mais avant je le rase. Tous les jours. J'applique la mousse sur son menton, sur ses joues, au dessus de sa bouche... Et je balade le rasoir comme si je tondais la pelouse. Des fois je fais même le bruit de la tondeuse, mais il n'y a que moi que ça fait rire. Alors j'arrête et je tonds en silence. Ensuite seulement viennent les baisers. Tout doucement je les dépose avec ma main, à l'intérieur d'un gant, rose et mouillé. Avec de l'eau chaude, mais pas trop. Tiède. Je trouve ça agréable. A chaque fois c'est comme un voyage. J'ai l'impression d'être dans le désert, avec des dunes à pertes de vue, des dunes de peau séchée.
Il s’efface en silence. Il s’en va peu à peu, s’effrite comme un vieux manuscrit. Il n’a que 35 ans. Et déjà la fatigue accentue les traits de son visage. Il n’est plus lui-même. J’ai beau le laver, lui enlever cette crasse, lui décaper les pores de la peau, la fatigue ne s’en va jamais avec le gant. Elle reste là, collée à ses poils, collée à son corps et sûrement à son esprit, s’il ne l’a pas déjà perdu. Il n’a que 35 ans. Et déjà des plaques rouges traversent son corps, blanc. Il est aussi pâle que la Lune. Il a les mains attachées aux bords de son lit, pisse par une sonde, s’alimente par une sonde, respire par un tuyau… Ce n’est pas un homme, c’est une machine. De lui partent toutes sortes de conduits, de cylindres de différentes compositions. Ce n’est pas un homme, c’est un fil. Un fil ou plutôt un cylindre. Qui rétrécie, qui se solidifie de jour en jour, jusqu’à ne plus pouvoir se tordre. Même la douleur ne le fait pas plier. C’est un cylindre, une boîte de conserve. Non, c’est un fil, un fil de légume, un fil de haricot. Qu’on mâche, qui nous chatouille la gorge, qui nous énerve, et qu’on fini par recracher.
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15.03.2008
Le manque d'inspiration
Je n'ai pas d'inspiration aujourd'hui ! Et voulant tout de même persister à écrire, malgré les avertissements de mon maigre cerveau, j'ai eu l'idée (brillante ^^) d'écrire sur ce manque.
Je me suis alors dit si je manque d'inspiration, alors l'inspiration est une drogue, et si l'inspiration est une drogue, alors je suis une camée... Enfin un truc qui ne fait ni grossir, ni devenir une passeoire ! La seule chose de terrible qu'elle peut apporter c'est de ne rien apporter du tout justement. C'est de la que vient l'angoisse de la page blanche. Pour moi, manquer d'inspiration est quelque chose de terrible.
Quelques fois, je sais que j'ai envie ou besoin d'écrire, mais je n'arrive pas à sortir les mots, à les formuler. Pourtant je pourrais en parler des heures de ces mots qui me fascinent... Mais lorsqu'ils ne viennent pas, ils peuvent rester cacher des heures, et là c'est eux qui gagnent la partie de cache-cache. Toujours.
Après m'est venue à l'esprit, la question de la Muse. A-t-on vraiment besoin d'une Muse pour écrire ? La Muse est-elle vraiment notre source d'inspiration ou bien est-ce juste les choses de la vie qui nous font écrire ?
Voilà. Moi je sais que j'ai quelque chose qui me pousse à écrire tous les jours, mais je ne sais pas quoi. Je ne sais pas comment je fais pour écrire tous ces textes, je ne sais pas comment je fais pour écrire avec un style qui m'est propre. Je ne sais pas si le talent existe, honnêtement. Je me pose souvent la question : pourquoi j'écris comme ça ? Et je suis flattée quand mes amis me disent que j'écris bien, mais je ne suis pas très sûre de le faire exprès. J'écris comme ça viens et c'est tout. Je ne trouve rien de compliqué là dedans, et je me dit souvent que je suis une fénéante ! Et en même temps, si je n'écrivais pas, je crois que je ne serais bonne à rien ^^
Me vient à l'idée alors que la Muse est une légende, entretenue par des poètes bavards pour des lecteurs silencieux. Créée de toute pièce, fantasmée par des écrivains, sorte de guide spirituel pour d'autres, pure chimère pour la plupart. Nous sommes dans un monde lucide, qui perd de sa magie au profit d'un sérieux souvent dérisoire. La Muse a quitté le coeur des gens, et les mots sont plus durs, les gestes des écrivains plus mécaniques, leur âme un peu plus sèche...
Mais il est des poètes que la Muse n'a pas quitté.
PS : Je suis vraiment désolée pour la non qualité de ce post, mais je crois que j'avais prévenu : j'ai persisté à écrire malgré les avertissements de mon cerveau... Et voilà ce que ça donne ^^
19:56 Publié dans Bavardage poétique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
23.02.2008
Une rencontre
On rechigne toujours à aller aux anniversaires. On préfère inventer un côté sombre, cruel et mélancolique à la fête plutôt que d'apprécier la fête elle-même. Et on oublie toute positivité. Car aux anniversaires, il arrive toujours des choses imprévues. En disant cela, je pense bien sûr aux bougies qui refusent de s'éteindre, au gâteau trop dur qui refuse de se laisser couper, aux invités qui feignent un refus de donner les cadeaux, à la chanson traditionnellement massacrée... Bref, toutes ces petites choses font la beauté d'un anniversaire.
Mais il y en a d'autres. Des rencontres.
Si je dis ça, c'est parce qu'à un de ces anniversaires, j'ai rencontré quelqu'un. Par rencontré quelqu'un je veux dire que cette personne a rendu la soirée spéciale. Bien sûr, j'ai gardé pour moi ce que je ressentais. Mais c'est sans doute ce qui a contribué à la beauté de l'anniversaire en question.
Je ne la connaissais pas, j'en avais juste entendu parler. En bien, toujours. Mais c'est tout. D'elle je ne connaissais que son prénom.
En début de soirée, elle était une fille comme les autres, mais très loin d'être insignifiante. Elle avait un physique agréable, une conversation teintée d'humour, et un regard... et un sourire... J'ai le coeur trop sensible, je crois.
Je commence à être bonne comédienne, je pense arriver à cacher la naissance d'un sentiment. Mais à chaque fois qu'on se regardait, à chaque fois qu'on se souriait, mon coeur était ravi !
Je trouve ça injuste et cruel quelques fois. Parce que ce que j'ai pensé à cette soirée là c'est : dans un autre monde ou une autre vie, ça aurait pu aller plus loin que ces regards et ces sourires. Et c'est toujours comme ça que ça fonctionne. Il y a toujours un obstacle, un mur que l'on sait infranchissable. C'est toujours ailleurs qu'on trouve la beauté, et qu'on se rend compte qu'on ne pourra jamais l'approcher...
20:10 Publié dans Bavardage poétique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
14.02.2008
Elle, c'est ma copine !
Petit texte écrit pour le cours d'atelier d'écriture. L'exercice était d'écrire un petit texte en introduisant deux titres de tableaux. J'ai choisi La corde sensible, de René MAGRITTE, et Prière de toucher, de Marcel DUCHAMP.
Bonne lecture...
Plus aucun soir à la fenêtre. Plus aucun dégoût pour toutes ces choses que l'on trouve si merveilleuses pour peu qu'on les partage à deux. Plus aucun film romantique où je retiendrais mes sanglots de fille seule. Car je ne suis plus seule. Et quel soulagement de le dire, de l'écrire... De le crier : Elle, c'est ma copine ! Et que tout le monde l'entende, et que tout le monde soit choqué, et que tout le monde me regarde sourire bêtement et fièrement en chemise de nuit sur le palier.
Et oui, elle vient de partir de chez moi, un croissant à la main et un sourire aux lèvres aussi bête et fière que le mien. Je n'essaye pas de la retenir, je sais que je la reverrais bientôt, peut-être même ce soir. Je ne m'inquiète pas, je ne m'inquiète plus. Je sais qu'elle reviendra et que j'aurais prière de toucher à son corps, avec mes yeux, avec mes mains, avec ma bouche. Lui effleurer le galbe d'une hanche, la courbe d'un sein, lui donner le frisson d'un baiser... En attendant je peux rêver, je peux voler et m'accrocher à son parfum. C'est la seule trace de son passage chez moi. Là sur l'oreiller, la marque de corps corps immobilisé, et puis disparu, et puis fané. Ca reste comme une volute de fumée invisible, un courant d'air fruité que plus rien ne peut enlever. Ca ne s'évapore pas, ça reste comme une épine qui écorche mon coeur, ou comme un goéland qui effleure la mer avec ses ailes, pour voler. Ca s'accroche à une nuage, bas dans le ciel ; ça le transforme, en éponge pour lui faire pleuvoir ton odeur dans un verre en cristal, sur le chemin d'un vent brisé, devant des montagnes enneigées.
Vous voyez, mon esprit vagabonde quand elle n'est plus là, à croire qu'elle a touché la corde sensible de mon âme. Enfin, je sais qu'on ne parle pas de ces choses là devant tout le monde ; je suis certainement trop rêveuse. Mais maintenant je n'attends plus qu'une chose : que le voile de la nuit tombe sur l'idée de la retrouver.

Prière de toucher, de Marcel DUCHAMP

La corde sensible, de René MAGRITTE
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03.02.2008
Les voisins
Ce petit texte est en fait un devoir que j'ai du rendre pour l'atelier d'écriture à la fac. Le sujet était de raconter un fait divers sous le prisme de 4 personnages (le début, le milieu, la fin et les conséquences), un fait divers qu'on avait la liberté d'inventer si on le voulait.
Les voisins
Ma voisine me dérange tout le temps. J'arrive pas à dormir. Elle m'espionne. Et eux ils rigolent. Ils sont toujours en train de rigoler ; et Ils me regardent. Ils sont toujours en train de me regarder. Avec leurs visages noirs. Comme la haine. Je les hais ! Elle et sa fichue manie de me rabaisser tout le temps, devant tout le monde. Les autres croient que je suis folle ! Ils croient que je suis bonne pour la camisole, et ils me forcent à avaler des cachets dégoûtants. J'ai l'impression de pas exister. Et j'arrive pas à la battre, j'arrive pas à l'abattre. Elle est beaucoup trop forte. Et Eux trop malins. Un soir elle voulait revenir ma voisine, je la voyais dans le miroir avec son air sournois. Elle me disais que j'étais une moins que rien, que je valais pas grand chose. J'avais peur, je tremblais...
... comme une feuille ! C'était pathétique à voir. Elle est tellement faible, elle ne sait rien faire de ses dix doigts. Elle sait juste dessiner, mais ça ne la mènera nulle part. Moi j'essaye de l'aider, de la faire évoluer. C'est elle qui ne veut pas, elle ne veut pas de moi. Elle m'appelle sa "voisine" mais elle ne me tolère pas. Et elle dit que ça la gène qu'ils soient toujours là à la regarder, mais ils sont juste curieux. Personne ne veut lui faire de mal. Moi je veux juste qu'elle arrêter de se plaindre, qu'elle arrête de pleurnicher. Je vous jure que l'autre soir devant le miroir de la salle de bain, avec ses yeux rouges et ruisselants de larmes, et la chair de poule qui faisait comme des pics sur sa peau, elle était pathétique. Elle essaye de me faire comprendre qu'elle ne m'aime pas, et à chaque fois elle trouve quelque chose de différent. Elle choisi toujours la facilité, sans jamais vraiment se battre. Cette fois là c'était la lame de rasoir. Très original n'est-ce pas...
Moi je tremblais comme une feuille. Un truc pareil qui arrive, on s'y habitue pas. A chaque fois je dis que je vais la mettre dans un établissement spécialisé, mais elle me dit qu'elle a trop peur, "qu'ils" vont revenir et "qu'elle" va encore la rabaisser. Elle ne veut pas voir de médecins, elle ne veut pas être sous traitement, elle dit que ça finira par l'abattre. Je sais jamais comment réagir, et pourtant c'est la huitième fois qu'elle fait ça. J'ai tellement peur qu'il lui arrive quelque chose, qu'elle perde sa réelle identité... Mais au fond je crois que je ne sais pas qui elle est véritablement. Quand elle parle je ne sais jamais si c'est Anaïs ou si c'est l'autre qui est en elle, celle qu'elle appelle "elle" ou bien sa "voisine" ? Je me rappelle quand ils l'ont diagnostiquée, le choc que j'ai reçu. Elle ne s'en rendait pas vraiment compte bien sûr. Je ne vis pas dans son monde, mais à chaque crise, chaque fois qu'elle essaye de s'edn débarasser - et elle échoue, heureusement - j'ai l'impression que sa vie devient un véritable cauchemar.
Pour elle c'est comme être aspirée dans un trou noir. La skyzophrénie à proprement parlé désigne tous les états mentaux qui présentent comme caractère essentiel la rupture de l'unité psychique du sujet. Celle dont est atteinte notre patiente est appellée skyzophrénie hébéphrénique, malheureusement c'est la forme la plus résistante aux thérapeutiques. Elle a aussi une forte tendance à la paranoïa. Pour elle le regard est important. Elle me parle souvent du miroir, de "eux" qui la dévisagent, qui se moquent d'elle sans parler. Elle évoque tout le temps sa "voisine", mais finalement elle a plusieurs voisins. L'une qui essaye de la faire sortir d'elle même, et les autres, tout aussi imaginaires, qui assistent au spectacle et la persécutent. Il faut qu'elle trouve un autre moyen de les battre, car faire une tentative de suicide ne peut qu'accentuer la volonter de sa voisine de la faire partir de son esprit. Elle aussi essaye de se défendre. Sa vie c'est son théâtre, son monde. Et elle ne veut pas le partager. Comme je le disais, il n'y a pas de traitement efficace contre ce type de skyzophrénie. Elle est toute seule. Enfin presque.
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29.01.2008
Deuxième ombre (3ème version)
Petit texte sans prétention. C'est un essai sur le thème "rouge". En vérité c'est un texte que j'avais déjà écris il y a un an et demi, mais que j'ai pas mal modifié. Bon ben j'espère que vous allez aimer...
Hier j'ai tué ma dernière victime. Je l'ai laissé seule, gisant dans le linceul de sa mort. j'ai ignoré ses plaintes, ses gémissements de douleur, ses regards suppliants. Je l'ai laissé dans son lit, et j'ai ramené ses couvertures sur son corps pour cacher son trou à la poitrine. A la place, une tache de sang est apparue. Une tache de sang en forme de fleur, puis en forme de rien.
Et je suis parti.
Finalement c'est dans un bar, assit sur un vieux tabouret en bois que je me suis retrouvé. Je pourrais même dire échoué. Il y a comme une odeur malsaine qui règne dans la pièce, une odeur de magouille et d'ennui. Je demande à ce qu'on me serve un whisky, ce soir j'en ai besoin.
Il y a une belle jeune femme qui discute avec un homme en blanc, un marin. Derrière le comptoir, sa robe rouge s'agite sur les tourments d'une musique mélancolique. Ca me fait presque rire. Je demande un énième verre. Je la sent qui me regarde, et je sais, lorsqu'elle fait glisser le verre sur le comptoir, qu'elle a pitié de moi. Elle doit en voir souvent des gars comme moi. Des habitués, des hommes qui restent jusque tard, jusqu'au petit matin, et qui se consument là, sur ce comptoir. Des années qu'elle doit en voir... Ses cheveux bouclés retombent sur ces épaules avec une certaine nonchalance. Je pourrais la trouver jolie si je voulais. Mais ce soir il n'y a que l'alcool qui m'attire. Je veux le sentir couleur dans ma gorge et s'infiltrer dans mes veines. Pénétrer ma chair. Car tout ce qui compte c'est doublier. Une autre gorgée, pour tenir. J'ai envie d'allumer un petit ninas.
Mince je suis vraiment pathétique ! J'ai l'air de quoi avec mon chapeau, mon teint gris et mon verre qui ne bouge plus ? Et cette musique qui n'en fini pas de grincer dans mes oreilles, cette musique si mélancolique, si triste pour un homme aussi malsain que moi. Malsain comme ce bar, comme cette robe rouge qui voudrait que je la ravisse, comme cette bouteille de whisky presque vide à côté de moi. Malsain comme la Lune qui ne dit jamais rien quand je tue, quand j'exécute.
A chaque nouvelle vie volée, les images des familles brisées me revienne. Et le goût du sang entre mes lèvres devient plus fort, si fort qu'il me poursuit comme un parfum. Et même lorsque l'alcool coule dans ma gorge, je sent les cendres de ma chair jaillir hors de moi sous la forme effroyable d'une deuxième ombre qui me fuit.
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18.06.2007
Il vaut mieux
Pour la 90ème note (eh ouais, déjà), je poste une chanson que j'ai fini d'écrire y a 5 petites minutes. Je sais pas si je fait bien de la poster... mais bon j'me dit que c'est pas grave, que les conséquences (s'il y en a) seront peut-être bonnes pour une fois.
J'ai plus qu'une chose à dire, d'ailleurs je ne fait que la répéter car on me la dite cet aprèm : il faut vivre l'instant présent, il vaut mieux avoir des remords que des regrets...
Voilà. Bonne lecture.
Titre : Il vaut mieux
Auteur : Moi (la musique est de moi également)
Oui je sais que tu t’en vas
Que tu te demandes si ça vaut le coup ou pas
Oui je sais que tu ne seras plus là
Mais il vaut mieux ne pas avoir de regrets je crois
Oui je sais que tu t’en vas
Que tu laisseras des personnes derrière toi
Oui je sais que serais une de celles là
Mais il vaut mieux grandir je crois
Oui je sais que tu t’en vas
Que tu pleureras la nuit dans tes draps
Oui je sais que tu vas avoir froid
Mais il vaut mieux ne pas être malade je crois
Oui je sais que tu t’en vas
Que mes larmes ne sècheront pas
Oui je sais que tu ne reviendras pas
Mais il vaut mieux en rire je crois
Oui je sais que tu t’en vas
Que tu trouveras quelqu’un là bas
Oui je sais que tu t’en vas
Mais il vaut mieux vieillir sans moi
Oui je sais que tu t’en vas
Que mes mots ne te retiendront pas
Oui je sais que tu t’en vas
Mais il vaut mieux taire ma voix
Oui je sais que tu t’en vas
Part, ne t’inquiète pas
Moi je sais que ça ira
Mais il vaut mieux que je ne pense plus à toi
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NdlA : "Les gens sont tous des trouillards sous leur parapluie", moi je suis un de ces gens là, pardon pour ma lâcheté, mais il pleut tellement sur ma vie en ce moment...
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