14.02.2008
Elle, c'est ma copine !
Petit texte écrit pour le cours d'atelier d'écriture. L'exercice était d'écrire un petit texte en introduisant deux titres de tableaux. J'ai choisi La corde sensible, de René MAGRITTE, et Prière de toucher, de Marcel DUCHAMP.
Bonne lecture...
Plus aucun soir à la fenêtre. Plus aucun dégoût pour toutes ces choses que l'on trouve si merveilleuses pour peu qu'on les partage à deux. Plus aucun film romantique où je retiendrais mes sanglots de fille seule. Car je ne suis plus seule. Et quel soulagement de le dire, de l'écrire... De le crier : Elle, c'est ma copine ! Et que tout le monde l'entende, et que tout le monde soit choqué, et que tout le monde me regarde sourire bêtement et fièrement en chemise de nuit sur le palier.
Et oui, elle vient de partir de chez moi, un croissant à la main et un sourire aux lèvres aussi bête et fière que le mien. Je n'essaye pas de la retenir, je sais que je la reverrais bientôt, peut-être même ce soir. Je ne m'inquiète pas, je ne m'inquiète plus. Je sais qu'elle reviendra et que j'aurais prière de toucher à son corps, avec mes yeux, avec mes mains, avec ma bouche. Lui effleurer le galbe d'une hanche, la courbe d'un sein, lui donner le frisson d'un baiser... En attendant je peux rêver, je peux voler et m'accrocher à son parfum. C'est la seule trace de son passage chez moi. Là sur l'oreiller, la marque de corps corps immobilisé, et puis disparu, et puis fané. Ca reste comme une volute de fumée invisible, un courant d'air fruité que plus rien ne peut enlever. Ca ne s'évapore pas, ça reste comme une épine qui écorche mon coeur, ou comme un goéland qui effleure la mer avec ses ailes, pour voler. Ca s'accroche à une nuage, bas dans le ciel ; ça le transforme, en éponge pour lui faire pleuvoir ton odeur dans un verre en cristal, sur le chemin d'un vent brisé, devant des montagnes enneigées.
Vous voyez, mon esprit vagabonde quand elle n'est plus là, à croire qu'elle a touché la corde sensible de mon âme. Enfin, je sais qu'on ne parle pas de ces choses là devant tout le monde ; je suis certainement trop rêveuse. Mais maintenant je n'attends plus qu'une chose : que le voile de la nuit tombe sur l'idée de la retrouver.

Prière de toucher, de Marcel DUCHAMP

La corde sensible, de René MAGRITTE
11:35 Publié dans Bavardage poétique | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note

Commentaires
Alors là, super ! j'adore je trouve ça vraiment bien, je retrouve ton style qui se rapproche un peu des grand auteurs à succès que j'ai pu lire et ça me plait beaucoup ! Je suis sure que tu vas avoir une bonne note parceque là, c'est vraiment bien !
super ma moitié, continue ainsi (pour faire le bulletin de notes lol) Bisous
Ecrit par : Tantor | 14.02.2008
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