29.01.2008
Deuxième ombre (3ème version)
Petit texte sans prétention. C'est un essai sur le thème "rouge". En vérité c'est un texte que j'avais déjà écris il y a un an et demi, mais que j'ai pas mal modifié. Bon ben j'espère que vous allez aimer...
Hier j'ai tué ma dernière victime. Je l'ai laissé seule, gisant dans le linceul de sa mort. j'ai ignoré ses plaintes, ses gémissements de douleur, ses regards suppliants. Je l'ai laissé dans son lit, et j'ai ramené ses couvertures sur son corps pour cacher son trou à la poitrine. A la place, une tache de sang est apparue. Une tache de sang en forme de fleur, puis en forme de rien.
Et je suis parti.
Finalement c'est dans un bar, assit sur un vieux tabouret en bois que je me suis retrouvé. Je pourrais même dire échoué. Il y a comme une odeur malsaine qui règne dans la pièce, une odeur de magouille et d'ennui. Je demande à ce qu'on me serve un whisky, ce soir j'en ai besoin.
Il y a une belle jeune femme qui discute avec un homme en blanc, un marin. Derrière le comptoir, sa robe rouge s'agite sur les tourments d'une musique mélancolique. Ca me fait presque rire. Je demande un énième verre. Je la sent qui me regarde, et je sais, lorsqu'elle fait glisser le verre sur le comptoir, qu'elle a pitié de moi. Elle doit en voir souvent des gars comme moi. Des habitués, des hommes qui restent jusque tard, jusqu'au petit matin, et qui se consument là, sur ce comptoir. Des années qu'elle doit en voir... Ses cheveux bouclés retombent sur ces épaules avec une certaine nonchalance. Je pourrais la trouver jolie si je voulais. Mais ce soir il n'y a que l'alcool qui m'attire. Je veux le sentir couleur dans ma gorge et s'infiltrer dans mes veines. Pénétrer ma chair. Car tout ce qui compte c'est doublier. Une autre gorgée, pour tenir. J'ai envie d'allumer un petit ninas.
Mince je suis vraiment pathétique ! J'ai l'air de quoi avec mon chapeau, mon teint gris et mon verre qui ne bouge plus ? Et cette musique qui n'en fini pas de grincer dans mes oreilles, cette musique si mélancolique, si triste pour un homme aussi malsain que moi. Malsain comme ce bar, comme cette robe rouge qui voudrait que je la ravisse, comme cette bouteille de whisky presque vide à côté de moi. Malsain comme la Lune qui ne dit jamais rien quand je tue, quand j'exécute.
A chaque nouvelle vie volée, les images des familles brisées me revienne. Et le goût du sang entre mes lèvres devient plus fort, si fort qu'il me poursuit comme un parfum. Et même lorsque l'alcool coule dans ma gorge, je sent les cendres de ma chair jaillir hors de moi sous la forme effroyable d'une deuxième ombre qui me fuit.
13:00 Publié dans Bavardage poétique | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note

Commentaires
Il me semble que j'avais déjà lu la version d'avant, parceque certains passages me disent quelque chose ... à moins qui je ne reconnaisse parmi des milliers ton style et ta manière de dire les choses, les mots que tu utilises ...
C'est bizarre ta vision du tueur, parcequ'il à l'air d'éprouver du dégoût à tuer si bien qu'il finit par se saôuler pour oublier son acte. J'avoue que c'est assez peu commun, j'ai lu pas mal de récits de l'état d'esprit des tueurs et, au contraire, ils éprouvent beaucoup de plaisir, c'est un acte jouissif, presque leur raison de vivre. Alors de ton récit j'en conclut que ton tueur n'est pas si méchant que ça, qu'il n'est pas né pour tuer mais que c'est la société qui l'a rendu comme ça (on se croirait en plein cours de socio de terminale ^^).
Comme quoi, ça montre bien que tu es une personne très équilibrée mentalement car tu ne peux pas imaginer un tueur qui n'aurais pas de remors quant à ses actes ...
bisous ma moitié
PS : note à moi-même : c'est pas possible hein, je peux pas m'empêcher de donner un avis toujours aussi bizarre ...
PS2 : c'est 150 euros pour la séance de psy ...
j'te bisouille (pour reprendre une expression bien connue)
Ecrit par : Tantor | 30.01.2008
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