20.06.2007
Sous le siège n°47
J'arrive pas à continuer ce texte, alors je le poste tel quel...
Sous le siège n°47
Il y a toujours des papiers sous les sièges. Des papiers ou bien des bouteilles. Ca tombe, ça roule, et ça reste. Des fois il y a même des morceaux de pains ou de brioches sur les sièges. Et c’est désagréable, à sentir et à regarder.
Il y a toujours du bruit aussi. De la musique. C’est bruyant la musique, quand ça sort d’un walkman ou d’un autre appareil du genre… mais c’est beaucoup trop technique pour moi. Maintenant il y a les portables aussi. Les téléphones de poche. C’est pratique il paraît… mais moi je n’y comprends rien. Je suis génétiquement programmée pour ne pas être douée en technologie. Un bon livre me suffi. Et le voyage passe tout seul.
Mais quand même, sept heures de trajet, c’est long. Sept heures avec un arôme de table à langer. Sept heures à regarder se battre deux enfants increvables. Sept heures à voir la pluie taper contre les vitres, inlassablement. Sept heures à regarder les néons de la voiture numéro 6 clignoter. Sept heures à entendre de la techno dans le casque d’un adolescent situé trois places devant la mienne. Sept heures… c’est long ! Durant ces sept heures, j’ai vu défiler les pires défauts du monde, de quoi rêver vivre ailleurs. Ailleurs que dans le train 7048, a destination d’Avignon. Avignon, je n’y suis jamais allée. Je ne sais même pas si le voyage dure sept heures. Mais je préfère anticiper. Les voyages, ça se prépare. Les pires situations aussi.
« Votre billet s’il vous plait. » me lance presque mécaniquement le contrôleur. Je prends ma besace, lui montre mon billet avec un sourire en coin. Ce n’est pas moi qu’il va coincer. Je suis toujours en règle. Il fait un trou dans mon billet puis passe à la personne assise à côté de moi. Elle aussi est en règle. Il se renfrogne, puis passe aux personnes de devant. Je replonge dans mon livre.Je n’ai pas le temps de voir défiler le paysage, déformé par la double vitre et par la pluie. Comme je n’ai pas le temps de regarder cette femme sur la rangée d’à côté, qui lis une histoire à sa petite fille. Je n’ai pas le temps, ni le loisir. Un bon livre me suffit.
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